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Yves Saint Laurent le film

Lyon, 04 janvier
Hier soir avait lieu, l'Avant première du film Yves Saint Laurent, je reste sans voix face au jeu d'acteur de Guillaume Gallienne qui interprète à merveille un Pierre Bergé, protecteur, paternaliste le rendant presque sympathique alors que j'ai jusqu'à présent toujours lu et entendu des choses dures à son sujet.
Dans un milieu parfois austère, pathétique et superficiel il incarne à merveille un chef d'orchestre poignant parfois seul face aux méandres puériles et infantiles de son compagnon de toujours quant à lui sublimé par le jeu magistral de Pierre Niney en un YSL écorché vif, angoissé, déraciné, diagnostiqué maniaco dépressif au début de leur relation "je serais toujours là pour toi" les deux compagnons s'aiment fort mais sont seuls face à leur destin, ils se trouvent l'un et l'autre des points communs même si leurs histoires personnelles ne sont pas les mêmes !


Et puis cette volonté de toujours vouloir faire mieux, cette exigence et cette intransigeance, avec laquelle on ne badine pas et qui finira par emprisonner le créateur qui manquera cruellement de légèreté, n'oublions pas que Saint Laurent sera nommé Directeur Artistique de la maison Dior en 1957 à l'âge de 21 ans, l'un achète sans compter, l'autre compte, signe des contrats, répond aux journalistes et met le Directeur Artistique face à ses responsabilités de jeune entrepreneur, lorsque qu'il s'agit d'imposer un cadre "mais tu l'as voulu" puis la décadence d'une époque en pleine période de liberté sexuelle, Saint Laurent jouera à des jeux dangereux, piégé dans les affres de la drogue et d'une sexualité débridée, il finira par se brûler les ailes et perdre ses inspirations avant de rebondir grâce à la sublime collection Opéra les ballets russes de 1976. On ne parle pas de prêt à porter mais bien de haute couture, qui tout comme la danse classique nécessite une maîtrise et une discipline sans faille, il n'est pas étonnant que Saint Laurent se sentira proche de ce milieu.
Mention spéciale pour le trompettiste de talent Ibrahim Malloul qui signe une magnifique bande originale, et qui rend à sa façon un bel hommage à ce fan de jazz qui aimait à ses débuts fréquenter les clubs de Saint Germain. 
J'ai aussi beaucoup aimé le personnage de Victoire, muse et célèbre model des années 50-60, campée par la ravissante Charlotte Le Bon, qui apporte de la fraîcheur et de la féminité à cet univers parfois pesant !
Je vous invite à aller voir ce film de Jalil Lespert histoire de vous faire votre propre opinion... 

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